Un match de foot tient à peu de choses et réserve bien des épilogues étonnants. Contre Benfica, l’OM s’est sans doute rappelé de la confrontation de 1990. A l’époque, L’OM archi-dominateur sur l’ensemble des deux matchs, s’était vu priver d’une finale par un but qui aurait dû être invalidé, la fameuse main de Vata.
Un scénario rocambolesque. Cette équipe là, emmenée par Francescoli, était sans doute la plus belle et la plus joueuse des années Tapie et aurait sans doute mérité de décrocher la plus belle des coupes. Mais le sort en avait décidé autrement.
Cette année, c’est en Europa League que Benfica et l’OM on rendez-vous pour disputer une revanche très attendue du côté de la Canebiere. Et comme il y a 20 ans, le scénario de ce match aller fut insaisissable.
Alors que l’on s’attendait à voir un Benfica explosif devant et très dangereux, ce sont finalement les marseillais qui prenaient le contrôle du jeu et qui se procuraient les meilleurs occasions. On se demande encore comment Lucho, seul aux 6 mètres, a pu rater le cadre, lui le spécialiste des buts de près (15e). Brandao a lui aussi eu l’occasion de donner un avantage logique à l’OM, mais sa frappe du droit est partie directement dans les tribunes d’un Estadio da Luz surexcitées. Pendant 30 minutes, l’OM va malmener Benfica, avant de lever le pied dans le dernier quart d’heure. L’occasion d’enfin voir les attaquants portugais à l’œuvre, eux que l’on attendait si tranchant.
La seconde mi-temps est une copie conforme de la première. Dès le retour des vestiaires, l’OM reprend le dessus et gagne la bataille du milieu. C’est logiquement que les Marseillais vont continuer de se procurer les meilleures occasions, comme cette tête de Niang miraculeusement sortie en deux temps par le gardien Lisboète.
Finalement, le match approchait de son terme et l’on commençait à se dire que cette équipe de Benfica, bien que joueuse, n’avait rien de si exceptionnelle. Et c’est là toute la bizarrerie du football, qui fait aussi sa beauté. Sur un centre venu de la gauche, Mbia empêche Cardozo de reprendre le ballon et permet à Mandanda de se saisir du cuir. Du moins, c’est ce que l’on croit. Mais le gardien marseillais doute cette saison, et n’a pas sa sérénité des années passées. Il relâche le ballon et Maxi Pereira profite de l’offrande (75e).
Contre le cours du jeu, l’OM se retrouve mené. Puis bousculé. Les joueurs du SL Benfica, libérés, commencent à dérouler alors qu’il ne reste qu’un quart d’heure de jeu. Les Olympiens passent même à deux doigts de la correctionnelle sur une frappe surpuissante de Ramires, qui s’écrase sur la barre.
Mais on l’a dit, le football est étonnant, et l’épilogue d’un match, même mal engagé, n’est connu qu’à la fin du temps additionnel. Alors que l’OM jette ses dernières armes dans la bataille, Ben Arfa d’un coup de tête lifté concrétise en but le caviar de Bonnart (92e).
Au bout du match, l’OM a donc réussi à renverser la vapeur au moment où l’on l’attendait le moins et s’est idéalement bien placé en vue du match retour. En marquant ce but à l’extérieur, l’OM a transformé une situation compliquée en situation confortable. Drôle de scénario.





