C’était sans doute "LE" match à gagner. Compte tenu du revers de Bordeaux, insipide contre Boulogne, avant dernier au classement, l’OM avait là l’occasion de se rapprocher du leader girondin tout en reprenant une place à son adversaire du soir. Mais comme souvent ses dernières années avec l’OM, quand l’occasion est trop belle... elle est ratée.
Encore une fois, les Marseillais pourront avoir des regrets. Eux qui estimaient en milieu de semaine qu’il fallait continuer à croire au titre, pouvaient en cas de succès se retrouver à 8 longueurs de Bordeaux, et virtuellement à 5 longueurs avec les trois points du match en retard contre Sochaux, dont la date n’a toujours pas été fixée.
Mais samedi, Montpellier était trop fort. Le promu a donné une véritable leçon de football à l’OM, incapable d’accélérer le jeu. Malgré une première occasion nette dès la 2ème minute, l’OM n’a jamais été en mesure d’inquiéter Jourdren, le gardien Montpelliérain. A contrario, Montpellier s’est créé de nombreuses occasions, comme ce coup franc de Montano qui s’écrase sur la barre, ou cette tête du même Montano, seul au point de pénalty, qui passe au dessus. Avant de finalement marquer en début de seconde période sur un festival de Aït Fana, qui s’en allait dribbler toute la défense pour tromper Mandanda de près. Une défense dans laquelle le jeune espoir n’avait guère de mal à s’infiltrer tant les olympiens étaient amorphes. Le deuxième but était au moins tout aussi évitable. Il résulte de plusieurs erreurs, notamment d’Hilton qui, sur un ballon en profondeur, laissait Montano le prendre de vitesse avant que l’attaquant Montpelliérain ne tente un lob astucieux. La frappe était loin d’être cadrée, mais dans un élan de précipitation, Hilton (encore lui) décide de dégager le ballon en corner alors qu’il n’y avait aucun danger. Sur le corner parfaitement frappé, Cheyrou, malheureux, catapultait le ballon dans ses propres cages.
L’OM était tout simplement moins bon que les hommes de Loulou Nicollin. Pourtant, des questions se posent :
Comment, avec un effectif aussi fournit, les Marseillais ne parviennent-ils pas à enchainer les matchs. Samedi soir, il manquait clairement de fraicheur dans les rangs olympiens. Malgré une large revue d’effectif, le match de Lille était encore dans les jambes.
Dans le même registre, la préparation d’avant saison était-elle bonne ? Outre les absences de Taiwo à la CAN et le manque de compétition de Koné et Mbia de retour eux aussi de la CAN où ils n’ont que peu joué, Brandao et Heinze étaient blessés. Après Niang en décembre, Lucho en début de saison, Mbia et Koné intermittents de l’infirmerie, Rool qui est lui aussi un absent de longue date... l’OM, à l’effectif pléthorique, ne parvient jamais à être au complet sur plusieurs matchs. La différence avec un club comme Bordeaux, où les blessures touchent rarement les joueurs importants, se fait là aussi.
Enfin, pourquoi Didier Deschamps s’obstine à faire jouer Bakary Koné sur l’aille droite, alors qu’il n’a pas les caractéristiques pour ce poste. Son prédécesseur, Eric Gerets, faisait de même. Mais l’Ivoirien peine lorsqu’il doit évoluer à ce poste. Samedi soir, encore, son match fut un véritable supplice. D’ailleurs, la tactique laisse songeur : Didier Deschamps était privé de Brandao et souhaitait faire souffler Lucho. Il avait là l’occasion d’innover en adoptant un 4 4 2 en losange, avec Ben Arfa au poste de numéro 10 et, devant lui, une doublette d’attaquants rapides Koné - Niang.
Avec ce système, "DD" aurait pu conserver son assise défensive et son milieu à trois Mbia - Cheyrou - Abriel, tout en permettant à Ben Arfa et Koné de jouer dans le vrai registre (meneur de jeu pour l’un, attaquant axial pour l’autre). C’était aussi un atout pour Niang qui aurait pu compter sur l’apport de Koné dans l’axe pour le soulager.
En optant pour le 4 3 3, Deschamps a forcé Koné et Ben Arfa à jouer contre nature, tout en laissant Niang esseulé en pointe.
Un calcul loin d’être parfait, comme en atteste le score final.





