Cette équipe de l’OM continue de jouer au Yoyo. Après la victoire fringante 5-1 contre Valenciennes, les Marseillais sont retombés dans leurs travers à Lens. A quelques nuances près.
Une équipe bis au coup d’envoi
Dans le nord, Didier Deschamps avait décidé d’aligner une équipe bis. Pas moins de 8 titulaires présents face à Valenciennes étaientt sur le banc des remplaçants ou simplement restés à la maison. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette équipe bis n’a pas tenu la route. On le savait déjà, on en a eu la confirmation, Fernando Morientes n’y arrive pas. Une nouvelle fois titulaire contre Lens (il l’avait déjà été lors du match aller en championnat), Morientes n’a pas su se créer la moindre occasion. Il en va de même pour son compère d’attaque, Bakary Koné, lui aussi, bien loin de son niveau de l’an passé qui n’était déjà pas exceptionnel. Devant, seul Mamadou Niang a essayé de bousculer la défense Sang et Or, en vain.
Au milieu, le constat est le même. Si Cheyrou et Abriel n’ont pas été transcendants, rendant beaucoup de ballons à l’adversaire, ils n’en restent pas moins de bons éléments. D’ailleurs, le but de Benoit Cheyrou, bien qu’anecdotique, montre que le vice capitaine de l’OM retrouve sa forme du début de saison. Charles Kaboré qui, pour une fois, jouait à son poste de prédilection, milieu défensif, a eu bien du mal. Souvent à la ramasse, il n’a pas su sécurisr sa défense.
Mais le gros point noir de la soirée, c’est bien sûr la défense. Privée de Heinze et Diawara, mais aussi de Bonnart et de Kaboré qui évoluaient un cran plus haut, l’arrière garde marseillaise a sombré hier soir. Premier fautif, Hilton. Il fût un temps où le défenseur brésilien était infranchissable, doté d’une relance chirurgicale. Hier, il était tout le contraire. Nonchalant, manque d’envie, mauvais placements ... Hilton a cumulé les mauvais choix. Responsable à 50% sur le premier but d’Isam Jemaa, qu’il laisse se démarquer facilement, il est aussi responsable du troisième but en couvrant l’ancien Marseillais Maoulida et en lui laissant un boulevard dans son dos. Mbia a lui aussi été à la peine. Si la défense qu’il a formée avec Diawara était solide, celle avec Hilton s’est complètement effritée, et le Camerounais n’a pas su y remédier. Dans son couloir droit, Mbow a aussi passé une sale soirée. L’autre fautif sur le premier but, où il se livre beaucoup trop, n’a jamais trouvé ses marques dans un couloir droit qui n’est définitivement pas fait pour lui. Taiwo quant à lui n’a pas apporté devant et a bien souvent dû défendre à 1 contre 2 derrière. Totalement dépassé lui aussi, il était loin de son niveau habituel. Enfin, Mandanda a suivi la faillite générale. Incapable de sortir le moindre ballon, le gardien marseillais est même l’auteur d’une bourde sur le deuxième but où il se laisse tromper par un rebond sur une frappe de loin. A sa décharge, il est vrai qu’avec la neige, le ballon était difficilement distinguable et que l’état du terrain a permis un rebond vicieux. Reste que l’on est en droit d’attendre beaucoup plus de la part d’un des gardiens de l’équipe de France.
Brandao, la "vraie" tuile
Pour autant, doit-on s’affoler du niveau de jeu de l’OM ? Probablement pas. L’équipe bis n’était absolument pas au point et les errances qu’elle a connues sont parfaitement logiques. En revanche, s’il n’est pas "grave" que des joueurs comme Morientes (trop loin du haut niveau) ou Mbow (trop tendre encore) ne soient pas au niveau, ne pas pouvoir compter sur un Hilton ou un Koné au top est plus problématique. Ils devaient faire la force du banc marseillais cette année, pour l’instant ils en sont presque la faiblesse.
Autre point d’explication d’une telle déroute, le climat. Sur un terrain difficilement praticable et qui s’est recouvert de neige au fil du match, l’OM n’a pas pu développer son football. Certes, le terrain est le même pour les deux équipes, mais un mauvais terrain nivelle les valeurs réelles et facilite la tâche de l’équipe présumée plus faible. Puis, ce climat "polaire" a posé des problèmes aux Marseillais que n’ont pas eu les Lensois : l’avion de la délégation olympienne a eu plusieurs heures de retard, la neige le bloquant sur le tarmac de l’aéroport. Difficile de préparer une rencontre dans ces conditions.
Compte tenu des conditions, l’élimination en soit n’est pas vraiment une mauvaise chose. La pilule qui est en revanche dure à avaler est la blessure de Brandao. Entré en jeu à la mi temps et ressorti à la 75eme minute, le Brésilien semble souffrir d’un claquage qui le tiendra éloigné des terrains pour au moins deux semaines. Il pourrait même rater le match retour contre Paris. Un vrai couac pour l’attaquant marseillais en pleine forme ces derniers temps.
La défaite est finalement logique et pourrait avoir des vertus cachées en allégeant notamment le calendrier des Marseillais. Pourtant, elle laissera deux interrogations et un regret :
Pourquoi Didier Deschamps a-t-il pris le risque de faire entrer Brandao et Valbuéna à la mi-temps et alors que le terrain était dangereux et que l’OM était déjà mené par deux buts d’écart ? Quitte à tenter le coup avec une équipe bis, autant aller jusqu’au bout.
Cette défaite ne risque-t-elle pas de miner le moral des troupes ? Revigorée par la victoire contre Valenciennes, une qualification dans le Nord aurait pu gonfler à bloc le moral de l’équipe.
Enfin, avec les éliminations de Rennes, de Toulouse et de Bordeaux, le tableau de cette Coupe de France s’est considérablement allégé. L’OM aurait pu en profiter pour disputer une deuxième finale cette année.
Dommage.





