Marseille Premium : Quelle est l’histoire de ce gréement ?
Florian : Il a été construit en 1908 dans des chantiers écossais, sous la plume d’un des plus célèbres designers de bateaux, une grosse famille, trois générations. Mais, à vue d’œil, on ne pourrait pas dire qu’il a cent ans. On a fêté son centenaire, il y a deux ans, en 2008. Il a été restauré, il est passé dans la main de plusieurs propriétaires, certains ne s’en sont pas trop occupé et, il y a trois ans, il était presque à l’abandon. Il a été deux ans dans les chantiers des charpentiers à la Ciotat. Ce sont eux qui ont fait du magnifique travail. Ils ont repris toutes les bordées, ils ont mis le bateau à nu, ils ont changé les gréements, le pont, les mats. Il reste « classique » de par son look, son design, mais au départ tout était en cuivre. Le pin d’Oregon a été remplacé par un autre matériau. Mais il a été refait dans l’esprit initial du designer et du chantier qui l’a conçu.

- ©SLN, marseille-premium/ "les voiles du vieux port" : une course de bateaux dits "classiques".
MP : On ne trouve plus les mêmes matériaux aujourd’hui ?
Florian : Les matières premières ne viennent plus des mêmes régions, elles n’ont plus la même robustesse. Avant tout été en cuivre et en letton, maintenant c’est de l’inox, de l’acier galvanisé : ce n’est plus la même "pureté". Aujourd’hui, cela coûte plus cher, et certaines matières ne se trouvent plus. Sur ce bateau, le mat est en pin, tout ce qui est ornement, c’est de l’acajou, et le pont est en tek. Tout est vernis. Mais il reste un bateau de régate.
MP : Qu’est ce qu’un bateau de régate ?
Florian : L’équipage n’est pas permanent, il est temporaire. A chaque fois qu’il y a une compétition, une régate, on se retrouve et on fait vivre le bateau. Le reste de l’année, juste une personne ou deux le gardent et s’occupent de son entretien. Et il faut savoir aussi que pour naviguer avec ce bateau, en régate, il faut vingt personnes...et il n’y a que huit couchages.

- ©SLN, marseille-premium/ Voilier "dernière génération".
MP : Que pensez-vous de la compétition de voile Audi Med Cup ?
Florian : Cette compétition permet de voir les progrès technologiques. Ces bateaux font progresser les techniques et les matériaux. Ce qui coûte cher aujourd’hui va apparaître petit à petit sur les nouvelles constructions dans cinq, dix, quinze ans. Ce sont souvent des grands groupes qui s’occupent de cet évènement, c’est déduit d’impôt. Ils organisent des manifestations comme cela ils ne "payent pas" d’impôt. Cet argent part aussi dans la recherche. Il y a des manifestations, des spectacles, donc c’est aussi bien pour le public. Finalement, c’est un bon mélange. Même si je suis plus attaché aux bateaux classiques, cela ne veut pas dire que ce genre de compétition n’est pas intéressant.









