Partager pour « sécuriser le soin » ?
Appelé « prescription connectée », la fiche santé informatisée existe depuis dix ans à l’hôpital St-Joseph, à Marseille. Le procédé a pour objectif de « sécuriser le circuit du médicament », en relevant chaque acte médical, de l’ordonnance faite par le médecin hospitalier, jusqu’à l’administration du soin. Tout est noté dans ce « dossier patient informatisé », comportant également les traitements administrés par les médecins de ville, et les antécédents. Ce système offre un suivi médical complet, et favoriserait l’échange entre les différents professionnels de santé. D’après le site Web de cet hôpital, grâce à ce dossier utilisé en interne, « Le praticien réalise sa prescription en toute connaissance de cause, après un accès instantané à toute l’information nécessaire (y compris au chevet du patient) ».
Partager pour centraliser ?
Si, au CHU de St-Joseph, situé à Marseille, le partage des informations via une plate-forme informatisée se pratique déjà depuis dix ans, le D.M.P ou Dossier Médical Personnel devrait, quant à lui, être définitivement mis en place au niveau national fin 2010. Crée par la loi du 13 août 2004, il nécessite la mise en convergence des agences régionales de santé. Pour y arriver, la ministre concernée a lancé la création d’une Agence Nationale des Systèmes d’Information Partagés (A.S.I.P), ayant pour mission, notamment, d’héberger ce dossier jusqu’au 16 juillet 2024. Ce dernier a été conçu, d’après le gouvernement, pour réduire les dépenses de santé. Ce qui est certain, c’est qu’il informera sur les parcours médicaux de chacun.
Partager pour secourir ?
En attendant la mise en place du D.M.P, d’autres concepts se développent. C’est le cas de la « fiche santé en ligne », conçue par l’« association pour l’Information Médicale en Situations d’Urgences » (A.I.M.S.U). Cette fiche individuelle, baptisée SANOIA, est remplie via le Net par son propriétaire, et non par les médecins. Elle récapitule toutes les informations médicales utiles et s’emploie seulement en cas d’ urgences.

- Cette plate-forme peut accueillir 500 000 utilisateurs par jour. (© SLN, marseille-premium)
La plate-forme Web hébergeant ces fiches attribut des identifiants de manière aléatoire, afin d’ assurer l’anonymat et de rendre inutile le piratage de données. La C.N.I.L a d’ailleurs confirmé que cette solution garantissait le respect de la vie privée.
Hébergée au centre hospitalier de la Ciotat, l’A.I.M.S.U a pour objectif de développer des projets innovants, qui soutiennent la relation « patient-médecin ». C’est chose faite avec cet outil de partage d’ informations médicales sélectionné, il y a un an, par l’incubateur de la Belle de mai, à Marseille, dans le cadre d’un dispositif d’aide aux projets innovants. Hervé SERVY, concepteur de cette fiche informatisée, précise qu’ « à ce jour, SANOIA améliore la prise en charge médicale de plus de 10 000 personnes ».





