D’après la loi Laure (loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie du 30 décembre 1996), « à l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et des contraintes de la circulation. L’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacement urbains lorsqu’il existe ».
Quelle bonne nouvelle pour tous les marseillais qui souhaitent utiliser le vélo en libre-service pour leur trajet quotidien et qui, bien malheureusement, se retrouve trop souvent au milieu de voitures, scooters ou à encombrer les trottoirs.
Au vue des nombreux travaux de rénovation des voies urbaines, la ville de Marseille va pouvoir augmenter de manière exponentielle son réseau de pistes cyclables qui ne représente actuellement que 75 km, éparpillés dans toute la ville (contre 340 à Lyon et 400 à Strasbourg). Pas si évident, car les différents travaux de réhabilitation de la ville n’ont pas été l’occasion d’une véritable extension des pistes cyclables, surtout quand on sait que la loi précédemment citée date de 1996. Conclusion les travaux de réaménagement effectués depuis cette date auraient dû donner naissance à des voies réservées aux cyclistes ! La rue de la République en est un très bonne exemple, sa réhabilitation n’a pas été accompagné de l’aménagement d’une piste cyclable, c’est regrettable !
Les risques du non-respect de la loi
Le non-respect des dispositions de la loi Laure peut entrainer une instabilité juridique du projet et aboutir à une annulation des délibérations approuvant le projet. Même après réalisation du projet, le non-respect de cette obligation légale, pourrait déclencher, en cas d’accident impliquant un cycliste, le mécanisme de la responsabilité pénale personnelle du maire prévue par l’article L 2123-34 du code général des collectivités territoriales. Gare aux collectivités qui ne la respectent pas !
Mais cette loi et toutes les modalités concernant la réalisation de pistes cyclables, sont strictes, au point, parfois, d’en faire perdre les pédales à ceux qui se sont engagés sur de fausses pistes. L’aménagement, par exemple, sur l’avenue du Prado d’une bande cyclable sur le trottoir, permettant de partager l’espace entre cyclistes et piétons, a été remis en cause. Faisant suite à une plainte déposée par un particulier, une décision du tribunal administratif de Marseille interdit désormais aux vélos l’accès à la piste cyclable du premier Prado, considérée comme une fausse piste ! La loi définit strictement les modalités des pistes cyclables et des ajustements ne sont pas, la priorité du jour. Difficile dans ces conditions d’encourager la réalisation de pistes quand de tels aménagements sont remis en cause.
Le développement de transports propres est freiné par un cercle vicieux, beaucoup de marseillais attendent le développement de pistes cyclables pour se mettre en selle, alors que les pouvoirs publics espèrent un engouement plus fort de la part des administrés avant de densifier le réseau cyclable. De quoi avoir l’impression de pédaler dans la semoule !





