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Droits des femmes : Fatima Rhazi, présidente de l’association marseillaise "Femmes d’ici et d’ailleurs", raconte.

[ Sophie Le Nir - Marseille Premium ] • 5|03|2010 • Mis à jour le : 22/11/2010 • Réagissez !
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Le gouvernement a déclaré que "la cause des femmes" était nationale, cette année. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Voici une réponse, celle de Madame Fatima Rhazi, présidente d’une association multiculturelle, « Femmes d’ici et d’ailleurs », basée à Marseille.

Fatima Rhazi représente une association de réinsertion, dont la priorité est l’autonomie des femmes, en particulier celles venants d’autres pays. Elle sera présente à la cité des associations, à l’occasion de la journée internationale pour la défense des droits des femmes, ce 8 mars 2010.

Marseille-premium : Quelles sont les difficultés quand on souhaite organiser une manifestation comme celle-ci ?

Fatima Rhazi : « La difficulté, c’est le manque de financement. On a beau entendre des discours sur l’accessibilité à la culture, quand on présente un dossier, il n’est pas financé. Ce n’est pas cohérent. A chaque fois qu’on a voulu faire quelque chose, en direction des femmes, c’est refusé, ou plutôt, il y a un lourd silence. On attend, mais rien. »

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(c) SLN, marseille-premium. Voici une exposition de Picasso vue et repeinte, lors d’atelier d’ alphabétisation : un exemple d’insertion sociale proposée par Femmes d’ici et d’ailleurs.

MP  : le gouvernement a déclaré que la cause des femmes serait nationale en 2010, que cela vous inspire-t-il ?

FR : « Je ne crois que ce que je vois. Disons qu’en France, il y a énormément de choses qui se disent au sujet des droits des femmes, de l’égalité des sexes, de la parité. Mais cela restera toujours une théorie et des paroles sur un papier. En regardant bien, depuis Simone Veil, Gisèle Halimi, et bien d’autres militantes, qu’est-ce qu’on a fait ?

Quand je vais dans mon pays, un peu plus de femmes sont dans le gouvernement et l’assemblée nationale. Et les plus grandes villes marocaines ont pour maire une femme : Agadir, Marrakech etc. En France aussi, mais très peu. Disons qu’ici, on en parle beaucoup mais en désignant les pays "en voie de développement", en disant qu’il n’y a pas de démocratie et de mixité, alors que les choses se font. Simplement, on ne les crie pas sur les toits car cette liberté et ces droits, qui ont été acquis, viennent d’un travail de fourmi, en sous-terrain. La cerise sur le gâteau a été le changement de code de la famille, au Maroc, qui a bousculé toutes les idées, surtout celles des conservateurs. »

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Fatima Rhazi, présidente de cette association, recevra les insignes de Chevalier de la légion d’honneur, le 8 mars (c) Fatima Rhazi.

MP : Que pensez-vous des dernières mesures annoncées en France, comme l’utilisation du bracelet électronique et l’incrimination du harcèlement moral au sein du couple ?

FR : Concernant le bracelet, on se dit que cela va faire respirer les prisons. Autrement, je ne sais pas si déjà ils arrivent à s’occuper des violences faites aux femmes, alors le harcèlement moral… De plus, il faut pouvoir le justifier, c’est vicieux : les coups, on les voit, alors que les paroles…, sauf si on a un enregistreur sur soi et encore, ce genre de preuves ne passe pas au tribunal. »

Quant à l’intervention de la police et de la gendarmerie, dans un contexte de violences conjugales, la présidente de cette association déclare qu’« il est vrai que les policiers, surtout envers la communauté maghrébine, tardent à venir. De plus, si la femme n’est pas entourée et boostée, elle ne va pas porter plainte. Il manque sans doute un accompagnement spécifique comme le fait la brigade de Strasbourg, formée spécialement pour cela. Mais il est vrai aussi qu’on ne donne pas aux femmes la possibilité de faire la démarche : il faudrait un avocat tout de suite, par exemple. Car au final, elles préfèrent rentrer chez elles plutôt que de partir perdantes dès le départ dans des démarches judiciaires. »


"Femmes d’ici et d’ailleurs" propose des ateliers d’accompagnement vers l’insertion sociale et professionnelle, ainsi qu’une salle de thé et de restauration, 4 rue mazagran, 1er arrondissement, 04 91 48 33 73.

Le 8 mars, à la cité des associations (93 la Canebière, 1er arrondissement, 04 91 55 39 50) :
Droits des femmes : Fatima Rhazi, présidente de l'association marseillaise "Femmes d'ici et d'ailleurs", raconte.  A 10h, un film qui aborde les différentes conditions de vie féminines dans le monde.
-  Puis inauguration de l’exposition « talents de femmes » qui regroupe des photographies de militantes, ainsi que des peintures réalisées par des femmes de l’association.
-  Enfin, des concerts à découvrir…


Par Sophie Le Nir - Marseille Premium

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