
- François-Xavier De Peretti, co-président départemental du MODEM - © DR
Marseille Premium : Faut-il faire d’une élection locale un enjeu national ?
François-Xavier De Peretti : Je ne sais pas s’il faut le faire mais il est vrai que certains scrutins prennent l’ampleur de tests nationaux. Ça sera le cas pour cette élection puisqu’elle sera la dernière avant la présidentielle et que la campagne pour 2012 a déjà débuté. Je ne suis pas sûr qu’il faille le faire mais les choses parlent d’elles-mêmes.
MP : Ces élections locales sont traditionnellement boudées. En tant qu’acteur politique, considérez-vous cette donnée comme une fatalité ?
FXDP : On fait tout pour qu’elles le soient ! Par le passé on avait eu l’intelligence de regrouper les scrutins cantonaux soit avec les scrutins régionaux ou municipaux. Cette fois-ci c’est un scrutin local totalement isolé qui est, de plus partiel. De plus, rien ne s’est arrangé ces dernières années, et c’est peu de le dire, dans la crise de confiance entre les électeurs et le milieu politique.
MP : Contrebalançant le desafect des électeurs, cette élection est trustée par les candidats : 194 pour le département des Bouches-du-Rhône. Ainsi, croyez-vous qu’un outsider comme le MODEM ait sa chance ?
FXDP : J’ai souhaité qu’il y ait peu de candidats du mouvement pour ces élections. Ce que je souhaite c’est que ces quelques candidats puissent s’implanter durablement en vue des prochaines élections. Dans cette stratégie, certains ont des ambitions à longs terme et ont besoin d’un tour de chauffe.
MP : Sur quel thème pensez-vous faire la différence ?
FXDP : Sur les valeurs fondamentales du mouvement : dépasser des clivages qui sont très souvent paralysants dans la gestion des collectivités. Le deuxième axe fondamental est qu’on a besoin de transparence et de démocratie réelle. Enfin nous croyons que nous avons besoin de politiques locales fortes à un moment où la fracture sociale est de plus en plus importante.
MP : Les élus de ce scrutin ne siègeront que trois ans au lieu de six en raison de l’entrée en fonction du mandat de conseiller territorial en 2014. Comment estimez-vous cette réforme ?
FXDP : Je pense qu’il y a un côté démagogique assez déplaisant avec cette volonté de supprimer des élus par la voix de Nicolas Sarkozy. Sur le fond, je pense qu’il est intelligent de se diriger vers un regroupement des compétences des départements et des régions.
MP : Alors que vos troupes sont en campagne, pensez-vous que les affaires qui éclaboussent le parti socialiste et la droite peuvent être une aubaine pour les candidats MODEM ?
FXDP : Je n’y crois pas, hélas ! En politique, ça se passe souvent comme ça. Patrick Balkany n’a pas été gêné pour être élu dans sa ville (Levallois-Perret) malgré les affaires qui l’ont éclaboussé. Autre exemple, quand Jacques Médecin s’est exilé en Uruguay, sa popularité à Nice était restée intacte. Pour cette élection, l’UMP a fait une campagne intitulée « faites le choix de l’honnêteté ». Je ne suis pas sûr que ce soit très adroit.





