Accueil du site > Cultures / Spectacles > Technologies > Retrogaming : My vintage is rich

Retrogaming : My vintage is rich

[ Christelle Guidicelli - Marseille Premium ] • 15|04|2011 • Mis à jour le : 1er/04/2011 • Réagissez !
Partager sur Facebook Partager sur MySpace Partager sur Netvibes

Le rétrogaming connaît une nouvelle jeunesse. Entre les « ordinosaures » comme Arkanoïd Apple II de 1977 et la console Pong tournant sur oscilloscope, en passant par Pacman et Donkey Kong, le mouvement met à l’honneur les nostalgeeks et une exposition à l’Alcazar consacre ces héros.

JPEG - 106 ko
Retrogaming Clipboard - © Emalord

L’engouement pour le rétro envahit les technologies, un domaine que l’on pensait jusqu’ici uniquement orienté vers le futur. Phénomène difficilement quantifiable, le rétrogaming connaît un large succès. Il est aisé de comprendre que quelques générations y sont sensibles, celles des années 70, 80 et 90 qui ont grandi ou sont nées avec ces premiers jeux et consoles.

De la console Pong par Atari en 1972, Nes, Super Nintendo, Mega Drive de Sega en 1980, en passant par Amstrad, ou encore PC-engine, les rétrogamers ont fait de ces objets de véritables millésimes de référence. « Il y a toujours un peu de nostalgie lorsqu’on reprend un ancien jeu, mais ce qui m’attire le plus, c’est la recherche d’un gameplay (maniabilité et plaisir du jeu) simple ou propre à certains jeux que l’on ne retrouve plus de nos jours », explique Jean-Luc Théron, 25 ans et rétrogamer. Ce patrimoine virtuel composé de personnages comme Pacman, Mario Bros, Golden Axe, Lara Croft ou Sonic représente des repères pour une génération, une madeleine de Proust pour certains.

But my imagination is poor

Les acteurs du marché du virtuel surfent sur ce revival. Aujourd’hui, l’industrie du jeu vidéo, qui représente 38 milliards d’euros en 2010 dans le monde (source IDATE), a dépassé celle du disque. Son chiffre d’affaires s’avère également supérieur à celui des entrées en salle de cinéma.

Sébastien Beaudlot, président de l’association Sud Retro Electro (Avignon), analyse ce phénomène comme étant « un effet de mode, car les jeunes adultes concernés sont passés dans la vie active et ont désormais un pouvoir d’achat. Il note que « les éditeurs l’ont bien compris, notamment Nintendo qui a intégré dès le lancement de sa Wii, le téléchargement payant des jeux rétros ». Les acteurs du business des jeux vidéo n’hésitent donc pas à mettre sur le marché des émulateurs afin de rendre aux joueurs leurs sensations d’antan.

L’industrie cinématographique ne fait pas exception à cet engouement et entretien une longue relation avec les jeux video. Et ce depuis 1976 et le rachat par la Warner Communications Inc., d’Atari : entreprise spécialisée dans une nouvelle forme de loisir à l’époque, le jeu vidéo. Adaptation, inspiration, pastiche, les échanges entre jeux vidéo et cinéma ont pris des formes variées et parfois étonnantes. Les studios Disney ont réalisé en 2011 par exemple, la suite du film culte Tron, sorti en 1982 et réalisé cette année là par Steven Lisberge. Chacun a en tête ces personnages aux allures de robots digitalisés au cœur d’un jeu d’arcade (le héros n’est autre que Jeff Bridges). Cette nostalgie geek sait s’offrir les talents des plus modernes, ainsi Daft Punk a composé la BO Du film Tron-L’héritage.

Les créatures et machines dénaphtalisées de ces jeux vidéo deviennent des valeurs sûres pour les milieux marchands et s’incarnent en icônes dans notre mémoire collective.

Des pixels au musée

Consoles, jeux et personnages rétros, leur pérennité en font de véritables objets culturels. Des expositions leurs sont consacrées jusqu’à entrer dans un musée national : l’exposition Museo Games, au Musée des Arts et Métiers de Paris a été prolongée de quatre mois au début de l’année 2011 (après sept mois de présence).

Mais Marseille a également ses évènements de retrogaming avec l’exposition Game Heroes en partenariat avec la Bibliothèque à vocation régionale l’Alcazar à Marseille (du 8 mars au 22 avril 2011). Objectif encore : faire vivre des expériences virtuelles régressives au travers des héros du rétrogaming comme Supermario, Sonic ou Zelda.

Cette exposition marseillaise a été conçue par la Commissaire d’exposition Isabelle Arvers également professeur en communication, critique et auteur, en collaboration avec l‘archéologue des technologies contemporaines Archéoptérix.

Comme beaucoup d’expositions en France et dans le monde, l’exposition de Marseille avait pour finalité de retracer la période historique des jeux vidéo, des années 70 jusqu’au milieu des années 90, au travers de la thématique du héros. Des héros virtuels auxquels les joueurs/visiteurs peuvent s’identifier ou avoir de l’empathie, en étant eux-mêmes héros car vainqueurs de la machine. Régression nostalgique ou de nostalgeeks, le thème de l’exposition prend alors son sens.

Pour l’édition 2011 de cette exposition marseillaise, des ordinateurs et consoles vintage se côtoyaient près d’un espace sofa avec à disposition des visiteurs 20 jeux, bornes arcades customisées et installation vidéo ludique interactive. Le but affiché est bien là lors de ces rassemblements de retrogaming, créer des moments riches en souvenirs et en expériences.

8-bit d’inspiration pour les artistes

L’art aussi se pixélise. Les codes et l’esthétique 8-bit (puissance des processeurs de consoles dans les années 80) ne sont plus obsolètes mais relèvent dorénavant de l’avant-garde artistique : pixel art, chip art ou gameart sont de la partie.

Des artistes comme Invader parcourent le monde afin d’imposer ces figures vintage de jeux vidéo, sous forme de mosaïques, sur les murs de Los Angeles, Londres, Paris ou encore Rome (à découvrir sur Marseille et Avignon).

Le « Do it Yourself » du portugais André Goncalves reproduit avec « Pong-The Analog arcade machine » le très célèbre jeu vidéo pionnier, avec de l’électronique bricolée et des matériaux recyclés (ventilateurs d’ordinateurs, moteurs d’imprimantes, sèche-cheveux…). Sur le site Datenform.de, le visiteur peut également visualiser en un clic, les lieux où sont disséminées les clés USB insérées dans un mur afin d’échanger des fichiers (fiches de cuisine, découvertes littéraires, mouvements artistiques ou encore musiques…). Cette démarche est surnommée le « dead drops » project.

Les paléogeeks remontent aussi le cours de l’histoire des jeux au travers de sa musique. Tristan Perich, compositeur américain, a créé une symphonie avec seulement un processeur d’1 bit. L’écoute de cette composition se fait directement à partir d’un circuit très simple qu’il a conçu à cet effet et qui est présenté dans un boîtier de CD, sorti fin août 2010. Les compositeurs s’inspirent des mélodies électroniques des premiers jeux, à la recherche du son perdu.

GAME OVER... CONTINUE 9 |||||||||||||||||| 58%



Par Christelle Guidicelli - Marseille Premium

Forum


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?


  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Articles de cette rubrique

Publicité

sur le même sujet

EN UNE

Voir les dernières actualités