
- © Martingreffe
A côté des grandes enseignes implantées sur tout le territoire national ou des établissements plus classiques, certaines librairies marseillaises sélectionnent avec rigueur leurs ouvrages. Plus que des librairies, ces lieux s’attachent à adapter leurs sélections à leur univers. Chez Oogie Lifestore, la littérature est musicale. Pierre et son équipe propose des ouvrages qui font appel à notre sens de l’écoute mais aussi des éditions en lien avec les mouvements artistiques émergents et celui du street art. Pour Histoire de l’œil, le lieu est spécialisé dans les formes contemporaines, romans, fond de théâtre ou poésie.
Un choix de livres aux accents plus régionaux est proposé par la librairie Jeanne Laffitte aux Arcenaux. Cette librairie sait convaincre avec des propositions d’éditions ayant pour thème Marseille et la Provence. Dans un lieu unique, celui de la Vieille Charité, la librairie pourtant généraliste "Regards" propose un fond spécialisé en Arts et en sciences humaines. Des choix qui doivent exister et être proposés aux lecteurs afin d’éviter l’uniformisation en marche dans notre société. Ces sélections audacieuses amènent à la curiosité et à la découverte de thèmes ou d’éditions par les lecteurs.
Spécialisé en graphisme, design et architecture, le lièvre de Mars, comme l’indique ses créateurs, propose des ouvrages neufs ou d’occasion de la littérature des XXe et XXIe siècles. Un livre a besoin d’un Titre. C’est le nom de cette librairie où Marion Gibert classe les ouvrages par thèmes au gré de ses humeurs et note sur des petits papiers ses impressions.
Des lieux uniques
Les librairies n’existent plus ou de moins en moins en tant que telles. Elles voient leur nom s’encanailler avec les mots boutiques, café, concept, etc. Des idées qui dépoussièrent l’image austère d’une librairie. A Marseille, une exposition trouve sa place au milieu des livres (Histoire de l’œil…).
Le lecteur peut pendant une coupe de cheveux feuilleter des livres avant de faire son choix (Oogie Lifestore). Des ateliers de cuisine, de marionnettes (pour le jeune public) ou de photos investissent ces différents lieux de la cité phocéenne. Les rencontres entre auteurs et lecteurs sont autant de moments volés au quotidien (Le Greffier de St Yves, A l’Encre bleue…). Un choix de vêtements, objets et autres curiosités se mêlent avec originalité aux sélections littéraires (Oogie Lifestore, Titre…). Des univers différents dans leur agencement et dans leur concept mais qui ont en commun ce désir de créer une atmosphère propice à la lecture ou en adéquation avec l’esprit des ouvrages proposés. Ainsi boire un café ou siroter un jus de fruits frais en lisant quelques lignes de son futur achat est possible et s’inscrit dans cette démarche.
La question est donc posée s’agit-t-il de proposer une autre manière d’appréhender la littérature différemment ou une tendance à consommer des livres comme de simples objets ?





