Le Conseil de l’Europe qualifie la maltraitance depuis 1987, d’acte ou omission commis dans le cadre de la famille par un de ses membres, lequel porte atteinte à la vie, à l’intégrité psychique, corporelle, à la liberté d’un autre membre de la famille, ou qui compromet gravement le développement de sa personnalité, et qui nuit à sa sécurité financière. » L’Europe distingue les violences physiques, des maltraitances financières, psychologiques ou médicamenteuses.
Les maltraitances vont des violences volontaires, avec préméditation, aux négligences passives. D’après les données du réseau ALMA, en 2000, 65% des violences ont lieu en institution, les maltraitances exercées dans le cercle familial forment 25% des cas. Plus l’espace se réduit et se limite, plus les conditions d’abus seraient favorables.
Les études nationales
D’après la communication faite par les petits frères des pauvres de Marseille, aucune étude n’a été réalisée jusqu’à présent au sujet des atteintes aux personnes âgées. Seule l’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF) aide à imaginer l’ampleur et les facteurs de la maltraitance. Le réseau ALMA dispose cependant de chiffres issus des différents appels vers leurs associations. En 2001, sur 5800 appels, 3800 concernaient des cas de maltraitance. 75% des personnes âgées maltraitées en institution sont des femmes. Agées de 79 ans, veuves ou vivant en famille, voilà les variables qui progressent avec les situations violentes. En étant plus riche qu’une personne qui l’entoure, alors le risque se multiplie à son tour.

- © Michael Cohen
Etre "dans la norme" pour être en sécurité ?
De même, au sein du couple, l’écart de revenu en faveur des femmes leur est au final source de conflit. De même, si elles possèdent une fonction d’autorité, excepté si leur conjoint reste leur supérieur hiérarchique. Mais tout n’est pas si simple, car tout est relatif. En effet, les « diplômes » protègeraient de ces situations conflictuelles, mais en même temps aggraveraient le degré de violence : les décès suite aux coups sont plus souvent le cas des CSP élevées. Les personnes sans emploi ou au chômage seraient exposées quotidiennement mais à un moindre degré.
Finalement tout serait une question de normes. Vous vous trouvez « au milieu » de l’échelle, des enfants mais pas trop quand même, mariée mais ni trop tôt ni trop tard, des diplômes mais pas plus que son mari, et vous voilà dans « les normes de la santé », ou plutôt de cette « satanée sécurité ».
Les violences seraient –elles l’effet d’une gouttière qui ramènerait toutes les eaux dans le même chemin ? Et les gouttes qui se rebellent, sans même le savoir, tombent de bien haut, quand elles peuvent enfin y croire : la norme voit en elles une provocation, comme un miroir qui la remettrait en question.
Encore beaucoup de chemin à parcourir
Pendant que ce déroulait ce café des âges, de nombreuses personnes, dans la Canebière, s’étaient arrêtées de marcher. Leurs regards s’étaient tournés vers un vieillard, à terre, sans doute sans domicile fixe. Sous cet abribus, quelque chose s’était passé. Un homme énervé s’éloignait en tenant fermement son parapluie à la main. Un homme lui criait après, les autres passants restaient bouches-bée. Peu à après les secours arrivaient : ce vieil homme, visiblement, venait d’être agressé.





