Le sommet de la Terre, qui s’est déroulé à Rio, a accouché en 1992 d’un programme mondial pour le 21e siècle. Appelé Agenda 21, il établit un cadre d’action pour lutter contre la désagrégation de la planète. Chaque collectivité, quelle soit communale, départementale ou régionale, peut le décliner selon les particularités de son territoire.
Un des enjeux provençaux actuels consiste à diversifier les espèces végétales mais, « Il est difficile de trouver des arbres qui résistent à la pollution, qui n’encombrent pas les canalisations avec leurs racines, et que l’on puisse tailler », modère le service des espaces verts de la ville de Marseille.
L’enjeu de la biodiversité arboricole
De nombreux platanes, bordant les avenues de la ville de Marseille, dont celle du Prado ou de la République, ont péri après avoir contracté un champignon, le chancre coloré. Celui-ci a été importé par les américains lors de leurs débarquements en Provence, en 1944. Leurs caisses de ravitaillement et de munitions étaient construites en bois de platane malade. Ce champignon a ensuite contaminé toute la Provence.
A l’époque, la biodiversité n’était pas de mise, et le platane hybride n’a pas résisté. Le croisement d’espèces végétales, constitué artificiellement, n’est visiblement pas porteur de résistance, contrairement à la biodiversité dans laquelle des essences différentes se côtoient.
Dans cette logique, les platanes infectés sont remplacés par des espèces variées : palmiers, cèdres, marronniers, frênes, mûrier, mélia dit aussi « lilas de Perse », tilleuls… « Ce panaché est un moyen de lutter contre toute attaque virale », informe la direction des espaces verts de Marseille. Afin de limiter les propagations de virus, les arbres plantés sur la voie publique sont aussi poncés.

- ©Sophie Le Nir, Marseille Premium/ A Luminy, de nombreux pins habillent la colline.
Un recensement d’arbres remarquables
Depuis 2009, les marseillais peuvent signaler des « arbres remarquables » selon les critères émis par la direction des parcs et jardins de Marseille. Un patrimoine végétal pourrait ainsi être protégé. Les recenser éviterait qu’ils ne soient coupés ou arrachés, lors de travaux d’aménagement urbain.
Ce projet qui s’inscrit dans les objectifs de l’Agenda 21 et, dont le maire est signataire, vise à développer la biodiversité et faire participer les citoyens. Le recensement porte donc autant sur les arbres privés que publics. Concrètement, dans le plan d’occupation des sols, des zones définies d’« aires naturelles » peuvent être parcellisées puis attribuées aux jardins des particuliers.

- ©Sophie Le Nir, Marseille Premium/ Les arbres associés à des monuments ou à des personnages célèbres peuvent être qualifiés de "remarquables".
Procéder à l’inventaire de ces arbres particuliers, de par leur taille, leur âge, leur espèce etc. est un travail de longue haleine : la mairie dénombre 128 000 arbres à Marseille, dans les parcs aménagés et sur la voie publique. Hélas, cette démarche est trop récente pour livrer une idée du nombre d’arbres remarquables à Marseille. Le service des parcs et jardins confie tout de même que « Pour un des arbres signalés, et à la demande du propriétaire, une demande de classement va être prononcée prochainement ».
Des appréhensions chez les riverains
Ce recensement se déroule « pas à pas », car cette étude entraîne des questions chez les marseillais. Concernant le signalement d’arbres remarquables, « Parfois, les habitants ne nous le disent pas », précise la mairie, « car une fois qu’un arbre est classé, ils ont peur par la suite d’être contraints de certaines choses », comme le fait de ne plus pouvoir construire, ni agrandir son habitation, ou encore celui de ne plus pouvoir déraciner l’arbre.





