
- Parce que cahque seconde compte. Les enfants aussi sont formés aux premiers secours. Crédit : Magali Monzilli-Marseille Premium
Lundi 22 mars 2010, les élèves de CM2 de l’école Valmont Redon dans le 9ème arrondissement de Marseille, ont reçu une visite quelque peu inhabituelle. En effet 3 formateurs de la Croix Rouge se sont présentés avec des mannequins et des défibrillateurs semi automatiques (DSA). Alors divisés en deux groupes les 22 élèves ont pu « apprendre à utiliser un défibrillateur » explique Ubu, 10 ans. Ces enfants comme les 2 800 déjà formés depuis le mois de janvier participent à un projet mis en place par la mairie. Il s’agit « d’une part d’une prise de conscience citoyenne et d’autre part d’une dédramatisation des situations » explique Françoise Gaunet, adjointe au maire déléguée à la santé. Avec 40 formateurs diplômés sur l’Initiation aux Premiers Secours (IPS), la Croix Rouge entend rattraper le retard de la France par rapport à d’autres pays.
Au-delà de la seule utilisation du DSA, cette formation d’une heure trente permet également d’apprendre aux enfants à donner l’alerte ainsi qu’à faire un massage cardiaque avant l’utilisation de la machine. Comme les adultes, ils s’initient aux gestes qui sauvent. D’ailleurs « les enfants sont aussi réceptifs que les adultes, ils mettent à peine quelques secondes de plus pour installer le DSA » souligne Nicolas Robert chargé de communication de l’urgence et de la Croix Rouge. Avec des mots simples et des situations familières, les formateurs sensibilisent ainsi les enfants aux risques de la vie et les responsabilisent. « Si ils pensent souvent qu’une personne ne respirant pas est morte, avec cette formation ils comprennent que non » constate Lahcen Bouchal, secouriste depuis un an. Les enfants très intéressés, participent activement à la formation. Avec 60 000 décès par arrêt cardiovasculaire dont 1 000 enfants et adolescents, chaque seconde compte. Les enfants l’ont bien compris : « nous avons appris a sauver des vies, à réanimer des victimes, à faire les gestes de premiers secours », racontent fièrement Thomas, Marine, Alyssia, Solène, Célia et Yoel âgés de 10 ans. Cette formation a d’ailleurs déclenché des vocations chez certains comme Léa, 10 ans : « ça m’a plu, c’est quelque chose que j’aimerais faire quand je serais plus grande ».
Une formation qui devrait avoir un impact dans les familles et dans les programmes scolaires. Pour aller plus loin, une bande dessinée, « la bande à défi »( « défi » en référence à un défibrillateur) est offerte aux enfants à chaque fin de formation ainsi qu’un diplôme et un autocollant pour cartable.
Ville pilote dans ce type formations, la mairie de Marseille a pourtant rencontré des obstacles à la mise en place de cette belle initiative. En effet l’Inspection Académique a eu du mal approuver le projet et les financements se font rares. Actuellement, la formation coûte 10 euros par enfant pris en charge par la ville et le projet est réalisable en partie grâce aux financements de la fondation Banque Populaire Provençale et Corse". Avec comme objectif de former 5 000 élèves par an sur 5 ans, la ville de Marseille espère que l’Etat libèrera des fonds pour financer une éducation à la santé qui se fait doucement dans un pays pourtant développé comme la France.
















